Actualité du toreo
15 Août 2012
A croire que depuis quelques années les arènes françaises jouent à celles qui indulteront le plus de toros. L'année dernière c'est Arles qui a lancé le défis en faisant indulter le toro Pasion de la ganadéria de Garcigrande par El Juli. Pas immèrité dans le fond. Depuis c'est une déferlante d'indultos en France.
Cette année, Châteaurenard a donné le ton en sauvant la vie d'un toro de Santiago Domecq par Sebastien Castella. Déjà assez contesté celui-ci. On a même vu à Nîmes un becerro de Salvador Domecq rejoindre le toril vivant, lidié par le jeune novillero sans picadors Filiberto Martinez. Alors vous me poserez la question suivante: comment peut-on laisse la vie sauve à un animal sans le jûger au cheval de picador ? Je vous répondrai alors que certains toros de 4 ans sont grâciés en corridas, dans nos arènes, sans montrer aucune qualité de bravoure. Cela revient donc quasiment au même...
Nous en avons eu l'exemple type, le week-end dernier, à Béziers, arènes de première catégorie. Béziers est tombée dans l'excés et l'abbus dés le moment où une personne du public a crié "INDULTO !", on se demande d'ailleurs si cette personne était sérieuse, si c'était une blague ou un pari passé avec un copain, alors que Miguel Angel Perera s'apprêtait à aller chercher l'épée pour tuer Calabres, toro de Daniel Ruiz. Un toro qui s'est révélé noble à souhait, ne voyant que la muleta du torero d'Extremadura, absorbé par ses toques. Oui, mais, car il y a un mais, ce toro n'a pas été piqué. Lors d'une première rencontre au cheval de réserve, il sort seul, voulant se ballader et visiter les arènes, la tête en l'air, trouvant sur son passage le cheval titulaire pour une pique symbolique.
Alors ensuite, Perera s'est retrouvé certes devant un toro mobile, avec du moteur et de la transmission, mais sans etre piqué. Aurait-il duré autant de temps aprés deux vraies rencontres ? Nous ne le saurons jamais. Ce qui est sur, c'est que Calabres a eu la chance de tomber entre les mains d'un grand torero, en superbe forme ce jour-là. C'est peut-être là que le public s'est d'ailleurs trompé. Le vrai triomphateur du combat n'est-il pas plutot Perera ?
Indulter un toro qui ne le mérite pas est grâve, pourquoi ? Car un toro indulté est censé devenir reproducteur dans sa ganaderia, et un toro comme Calabres donnera peut-être sa noblesse à ses progénitures, mais peut etre aussi sa mansedumbre... Alors d'accord, la fête sur le moment n'en est que plus belle, mais essayons de voir dans l'avenir, et de regarder plus loin que le bout de notre nez. Prenons exemple sur un indulto cette année, celui de Tejela à Mont de Marsan, face à un toro de Fuente Ymbro...
Grégory BOYER