Actualité du toreo
7 Février 2013
Je me rappelle trés bien de cette journée de Mai 2004. C'était alors pour moi le grand jour, mon premier entraînement à l'école taurine, un de plus pour lui. Et pourtant c'est lui qui m'a accueilli, lui qui m'a rassuré. Un hasard ? Lui qui allait devenir mon complice, mon ami, mon frère.
Trés vite cette amitié dépassera le cadre taurin. On partagera de trés trés bons moments, et des gros coups durs. Mais ici on parle toros.
J'ai un souvenir de l'une de mes premières capéas, on partageait pour la première fois le même cartel. Port St Louis, et déjà il me brindait son adversaire me disant tout le plaisir qu'il avait à toréer avec moi.
La première année nous avons ensuite toréé trois autres fois ensemble. St Etienne du Gres, tous en lumières, moi en campo. Istres, pour la finale des becerradas et Gimeaux, le matin de la féria du riz, en mano à mano où nous avions partagé un quite à deux mémorable.
Puis Thomas a pris son envol, il débuta vite en novillada sans picadors et il devint l'un de mes exemples, dans et hors des arènes. Que de souvenirs ! Les débuts à Saint Martin de Crau, le long voyage entre Bayonne et Dax, Rion des Landes, Maubourguet allant jusqu'à jouer les ayudas pour lui pendant les novilladas, les triomphes arlésiens, le succés de sa peña... Le 8 Juillet 2007 je réalisais mon premier grand rêve. Celui de porter l'habit de lumières. La veille lui toréait à Castelnau Rivière Basse, à 6 heures de route. Il a tenu à faire le retour dans la nuit pour être-là. Pour me voir réaliser le rêve que lui même avait eu, deux ans plus tôt, dans les mêmes arènes de Chateaurenard et avec le même costume.
C'est pour lui aussi que j'ai pris l'avion pour la première fois. Une bande d'amis en direction de Madrid pour le concours de Vistalegre où Thomas était qualifié pour les demies finales. Quelle aventure !
Sa carrière devint plus serieuse, avec le passage en piquée, alors que la mienne tombait à l'eau. Il était sur que j'allais alors m'inpliquer derrière lui, pour le soutenir. Tout le monde se déplace à Millas pour sa seconde novillada piquée, et son premier coup de corne. Une nouvelle fois il me brindait le novillo, moi en pleurs, lui tout sourire de connaître la première blessure. L'oreille à Madrid, le concierto d'Aranjuez à Arles, le triomphe dacquois, la vuelta sevillane...
Puis l'alternative arriva assez vite. Le comble était que mon torero, mon maestro, allait la lui donner. Il réalisait ainsi son rêve, mais aussi le mien, et je lui en suis trés reconnaissant. Il nous aura fait transpirer ce jour-là, une journée passée en un éclair, du sorteo à la fin de la corrida. On a rit, tremblé, sué, applaudi, encouragé et pleuré...
Moins de deux ans plus tard, alors que depuis l'alternartive un combat de tout instant c'était engagé, Thomas a décidé de prendre du recul, de se donner le temps et respirer et de repondre à ses doutes pour peut-être revenir encore plus fort. Ca fait bisarre, nous qui ne l'avons jamais connu sans les toros.
Mais il est sur qu'il restera mon idole... à jamais !
Ton frère, Grégory BOYER