Actualité du toreo
28 Novembre 2012
Julian Lopez Escobar "El Juli", a surement été cette année le torero le plus contesté. Etant à l'origine du fameux G10, il payera fort son audace et son courage de mettre en avant ses idées et son envie de revolutionner le monde du toreo. Depuis le début de sa carrière 2012 a été surement la temporada la plus délicate à négocier pour lui. Il revient pour Aplausos sur l'année écoulée, lors d'une interviex intelligente, maître de chacun des mots utilisés et choisis:
"J'ai grandi plus que les autres années. J'ai vécu le toreo avec plus d'intensité, avec plus de passion. Les circonstances ont fait que je suis allé aux arènes avec une certaine attitude."
Juli l'avoue, sa situation l'a obligée à faire des efforts, à être à 100% chaque aprés-midi, comme se doivent de l'être n'importe quel jeune torero qui doit se gagner les contrats.
"Chaque année, au mois de Fevrier, j'avais trente ou quarante corridas de signées. Cette année, seulement deux ou trois. Je rentrais dans les arènes pour montrer tout ce que je ressentais au fond de moi. Je reconnais qu'il y a eu un moment, où j'ai eu envie de tout laisser tomber, j'étais déçus et me sentais incompris."
Incompris pourquoi ? Incompris par qui ? Tout d'abord par les aficionados, qui, selon lui, ont été conditionnés par les médias qui se sont mis le G10 à dos. Mais Juli pense que le problème est plus profond, et que le G10 a été simplement une excuse pour le sortir des cartels des férias importantes.
"Je crois que le G10 a été l'opportunité qu'on a trouvé dans le toreo pour m'éloigner et former d'autres types de cartels. Au début de la temporada, tout a été fait pour me laisser dehors. Le G10 a été l'excuse. Si la guerre avait été menée contre le G10 les représailles auraient été faites contre tous les toreros, et pas seulement moi."
Le moment est alors venu, aprés un an d'efforts de faire le bilan du G10. Pour le Juli, le groupe a clairement échoué: "Pour que cela fonctionne il fallait un implication de chacun d'entre nous. C'est de notre faute, je le reconnais. Au final, on a echoué et la preuve est que l'idée qui nous a motivé n'est toujours pas comprise. Nous nous sommes trompés dans la communication et l'implication, le problème n'était pas le moment."
Le journaliste d'Aplausos Benlloch en profite alors pour clarifier ces idées. En résumé, en ce qui concerne le sujet de la télévision, Juli explique que les toreros sont pour la télévision, mais qu'ils trouvent normal que les négociations se fassent en leur présence, et que la retransmission de corridas doivent se faire dans le but de promouvoir du mieux possible la tauromachie.
Aprés le politique, vient enfin le moment de parler de la tauromachie en elle-même. Du plus important, ce qu'il se passe dans le ruedo. Juli n'a pas tellement toréé cette année, mais il a connu beaucoup de grands aprés-midis et a été l'auteur d'une régularité remarquable. Un des grands moments de la temporada est surement la corrida de Badajoz, avec Jose Tomas.
"Pour moi, ça a été le jour le plus important de l'année. Je n'avais pas été à Seville, ni Valencia, ni Madrid, et je me retrouvais à Badajoz, avec Jose Tomas et cette grande ambiance."
En ce qui concerne le reproche que beaucoup lui font de ne toréer que des ganadérias pour figuras, il rétorque: "Il est vrai que les ganaderias que l'on toréé sont les meilleures et celles qui donnent le plus d'options pour que le public puisse voir ce qu'il veut voir. Les choses vraiment importantes se passent avec ces ganaderias."
Le Juli aura fait une révélation importante dans cette interview. Il a compris cette année que son bonheur en tant que torero n'est pas dans le nombre de corridas qu'il va toréer, mais dans la qualité de son toreo. "J'ai compris que l'important est ce que tu vaux, pas ce que tu gagnes. Je suis un peu fatigué d'aller aux arènes pour prouver, pour lutter contre quelque chose. Bien que cela m'ait servi pour grandir comme torero ça ne me parait pas logique qu'aprés quatorze ans de figura, qu'apres tant de saisons en étant à la base de toutes les férias, on me propose une temporada comme celle-ci.Ce dont je suis sur, c'est que la saison prochaine sera plus courte que celle-ci. Je pense toréer une vintaine de corridas, pas plus."
Non, messieurs, dames, vous ne lui auraient pas enlevé sa rage d'être chaque aprés-midi meilleur. Au contraire, le Juli, aussi intelligent qu'il est, saura tirer les meilleurs enseignements possibles de cette année compliquée, pour en faire une force, et grandir encore un peu plus.
Comme termine son interviex Benlloch, à bon entendeur...
Gregory BOYER
VIDEO: El Juli cette année à Granada.